Lola Sorrenti
Conseil éditorial à Paris 10

Le temps nouveau


C’est le temps d’un nouveau carnet

Parce que les bourgeons, parce que le soleil, et parce que c’est là. 

En réalité, cela ne disparaît jamais. Mais comme le soleil, il se peut que l’écriture hiberne. 

Je vois dans l’écriture de grands cycles. J’apprends doucement à les apprivoiser. À ne pas les brusquer. 

La fin vient toujours avec le début. Ou inversement. 

La fin d’un manuscrit veut dire ranger ses carnets, mais en ouvrir de nouveaux. 

Ce rapport très matériel à l’écriture est une boussole pour moi. Manipuler les carnets, les archiver, les nommer ou les débuter est un signe tangible que l’écriture est là. Qu’elle s’empile. 

Au commencement

À chaque début, il y a un carnet. Que je prends un temps fou à oser entamer. Ce n’est pas grave. Ce temps n’est pas pour rien. L’écriture germe quelque part dans un endroit non définit entre ma tête et la page. 

Pour chaque manuscrit en cours, j'ai donc un carnet. Parfois au terme de l'écriture j'en ai accumulé plusieurs. Un, deux ou trois. Cela dépend des projets et des réécritures.

 

Dans ce carnet, il y a les premiers textes. Les textes fondateurs, ceux qui sont venus creuser le sillon du "qu'est-ce que j'ai à écrire". C'est aussi mon journal d'écriture. Dans ces pages je mets mes doutes, mes pistes, mes renoncements, et mes recommencements. 

Journal d’écriture

Ces carnets me suivent jusqu'au bout de l'écriture, y compris quand le rapport au texte n'est plus que sur traitement de texte. Ils alourdissent mon sac à dos et ma valise mais j'ai besoin de les savoir près de moi tant que je suis en écriture du texte. Ils constituent mes journaux d’écriture. 

 

Quand le texte est devenu tapuscrit c'est à dire qu'il existe mis en forme, sur traitement de texte, et que le processus d'écriture touche à sa fin (j'entends, une fois que les nombreuses réécritures et relectures ont eu lieu) , il est temps de ranger ces carnets. 

Dire au revoir

C'est un moment symbolique que celui de ranger ces carnets. Même s'il ne sont jamais loin de moi, je trouve que quelque chose de l'ordre du deuil se joue dans mon rapport au texte. 

 

Souvent à cette étape, je caresse la couverture. Je colle ensuite une étiquette sur laquelle j'écris le titre du manuscrit. Puis, je les range dans la valise à carnets. 

C'est mon endroit le plus précieux. J'ai mis longtemps à le trouver. 

 

Et vous ? Comment écrivez-vous vos projets ? Quels sont vos outils et vos gri-gri d'écriture ? Que faites-vous de vos brouillons, carnets, notes, une fois qu’ils sont noircis ? 

Légende de cette photo : les  carnets de mon dernier manuscrit


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